samedi 6 décembre 2014

Pendant ce temps-là, les affaires continuent...

(merci à Carlo Calvi)

Informations du 08 décembre 2014. (Ambrosiano, compte clearstream non-publié).

http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/le-vatican-decouvre-des-centaines-des-millions-d-euros-dans-ses-caisses-850805.html


Banco Ambrosiano est une banque italienne qui a fait l'objet d'une des plus retentissantes faillites de l'après-guerre en 1982, suscitant ainsi l'un des plus gros scandales impliquant la mafia et la banque du Vatican, son premier actionnaire, qui ouvrira la voie à l'opération mani pulite dans les années 1990. Roberto Calvi, membre de la loge Propaganda Due (P2) et directeur de la Banque Ambrosiano, a été retrouvé pendu sous un pont à Londres le 17 juin 1982. En 2006, le procès concernant l'affaire Calvi continuait, impliquant notamment Licio Gelli, le grand-maître de P2.

Après 1981[modifier | modifier le code]

En 1981, la police italienne mena une perquisition dans une villa de Licio Gelli, ce qui l'amena à la découverte d'une liste de noms contenant les membres de la loge maçonnique P2 ainsi que des preuves concernant les activités illégales de Roberto Calvi. Celui-ci fut condamné à quatre ans de prison, avant d'être relaxé en appel. Il conserva toutefois ses fonctions à la banque Ambrosiano. L'industriel Carlo de Benedetti, qui contrôlait Olivetti, investit alors dans la banque et en devint secrétaire adjoint, avant de démissionner deux mois plus tard à la suite de menaces émanant de la mafia et au manque de coopération de la part de Calvi. Son remplaçant, Roberto Rosone, sera blessé par balles dans un incident impliquant la mafia.
En 1982, on découvrit qu'il manquait 1,287 milliard de dollars à la banque. Roberto Calvi s'enfuit alors du pays grâce à un faux-passeport, tandis que Roberto Rosone s'arrangeait pour que la Banque d'Italie prenne contrôle de la banque Ambrosiano. Graziella Corrocher, la secrétaire personnelle de Calvi, laissa une note l'accusant avant de se défenestrer. Calvi lui-même fut trouvé pendu au Blackfriars Bridge à Londres (qui aurait un sens ésotérique pour la franc-maçonnerie). Si on parla d'un suicide à l'époque, une enquête est actuellement en cours, plus de vingt ans après les faits. En août 1982, la Banque Ambrosiano fut remplacée par la Nouvelle Banque Ambrosiano, dirigée par Giovanni Bazoli. Le Vatican accepta de payer une partie des sommes perdues sans toutefois s'avouer responsable de la faillite d'Ambrosiano.

L'affaire Clearstream[modifier | modifier le code]

En juillet 1983, juste avant que l'affaire Ambrosiano soit rendue publique, Gérard Soisson, manager de la chambre de compensation Clearstream, fut retrouvé mort en Corse. Deux mois avant, Ernest Backes, numéro trois de Clearstream, était licencié (il écrira plus tard un livre avec le journaliste Denis RobertRévélation$, dénonçant un système de comptes non-publiés chez Clearstream, qui en ferait une machine globale à blanchir l'argent). Ernest Backes affirme dans ce livre, publié en 2002, que son licenciement était lié au scandale Ambrosiano : « Lorsque Soisson fut tué, l'affaire Ambrosiano n'était pas encore devenue un scandale. [Une fois révélée], je réalisais que Soisson et moi avions été au croisement. On bougeait toutes ces transactions dont on apprit plus tard l'existence à Lima et dans d'autres succursales. Personne d'autre ne savait qu'il y avait des filiales de la Banque Ambrosiano à Lima et dans d'autres pays sud-américains » 1.
Le juge italien enquêtant en 2006 sur la mort de Roberto Calvi en 1982 a demandé l'aide d'Ernest Backes, interrogeant par ailleurs le grand-maître de P2, Licio Gelli. Selon la journaliste Lucy Komisar, il enquêtera aussi sur la mort de Gérard Soisson. À part Licio Gelli, le mafieux Giuseppe Calò (alias « Pipo Calo ») est l'un des principaux accusés de la mort de Calvi.
Selon le journaliste David Yallop, Roberto Calvi aurait été responsable de la mort d'Albino Luciani qui, en tant que pape Jean-Paul Ier, préparait une réforme des finances du Vatican. La famille de Calvi prétend que ce dernier était un honnête homme manipulé par d'autres. Selon les juges qui ont accusé Licio Gelli et Giuseppe Calò, le grand-maître de P2 aurait ordonné sa mort afin de le punir pour des détournements de fonds, effectués à son bénéfice personnel, qui appartenaient à Gelli lui-même et à la mafia. La mafia elle-même aurait voulu empêcher la justice de découvrir comment Calvi l'aidait à blanchir de l'argent.





Libellés : , , , , , , ,

mercredi 26 novembre 2014

une correspondance à 114 millions de dollars.

Ah merde!! Nico de Clearstream... Je suis hyper désolé. J'ai oublié de te dire, en 2011. C'est qu'il y a un monde de fou qui circule sur ce blog. Alors je suis distrait, j'oublie de te prévenir, je dois faire des courses à la supérette, tout ca. Mais, l'autre jour, - ca me revient maintenant - les Américains en avaient après ta boite. Ils ne savaient vraiment plus à qui s'adresser vers 2011-2012. Alors tu vois la merde d'ici. Ils tombent sur moi. Bref. Mais dis donc...C'est que ça à coûté cher cette histoire. - 114 millions de dollars et des poussières... Bah, t'es un timide mon gars. Déploie tes ailes. A ce prix là, on aurait pu en parler dans les journaux télévisés nan? Les familles des 241 victimes des attentats iranien ont bien fermé leur gueule? Z'avez secoué le chéquier sous leur nez et ils se seraient dit que bon, à ce prix-là, la douleur de la disparition d'un proche, c'était très surfait?

En tous cas, m'est d'avis qu'ils ont de sacrés moteurs de recherche. Heureusement, il a de bons livres d'enquêtes sur le sujet. Suffisait de donner les références de l'auteur et la maison d'édition. Souvent, je dis à mes étudiants que le génie est de savoir où trouver l'info. Tu vois, le petit journaliste Français là... Ils ont    -semble-t-il-   a-do-ré. Je profite aussi pour inviter le simple lecteur à se plonger dans les livres de Denis Robert (éditions Julliard - Les Arênes). Moi, question littérature, pour l'instant, je suis plus Jean-Paul Dubois. Il est bien Jean-Paul Dubois. Il s'en fout un peu de tout, Dubois.


Faut reconnaître que quand ils se donnent la peine, ils font du bon boulot les ricains. En 2014.., Boum! Une curiosité à 114 millions de dollars, en somme.
Rhalala... mais tu imagines l'état de la démocratie? Tombée si bas qu'ils en sont à lancer des mails partout et à n'importe qui.
Bon, je te tiens au jus. Oublie pas ton écharpe avant de sortir. Le froid gagne toute l'Europe. L'air de rien. A moins que tu n'optes pour un cappuccino avec les gars du congrès américain. 


Libellés : , , ,

dimanche 23 novembre 2014

Nico, personnage public.

Ci-joint, la fiche d'un candidat. Un haut potentiel.
Un chasseur des temps modernes.

Est capable de ;

1) - Justifier les choix et les pratiques d'une entreprise.
2) - S’accommoder de l'amoralité. (voir pt1)
3) etc.

Libellés : ,

mercredi 19 novembre 2014

Ou comment les petits pays ajoutent au malaise social.

Bettel et ses discours...C'est une forme de terrorisme en somme. C'est ici.

Libellés : , , , , ,

jeudi 13 novembre 2014

ah ben voila.

Des nouvelles de la première projection publique du film "L'enquête" de V.Gareng au festival du film de Sarlat. La première projection du film "est un carton". A ce qu'on dit, le public en sort très remonté. Allez, je mise sur la fin de Jean-Claude Junker à la sortie de ce film. Qui tient les paris?

Avant-première mondiale du film "l'enquête" de... par francebleu-sudouest

Libellés : , , , , , ,

samedi 1 novembre 2014

Patatra !

Et soudain, tu dois défendre ta boîte... Un petite pensée pour Nicolas N. (Clearstream S.A) qui va devoir bosser dur pour faire passer l'idée que Clearstream est désormais une boîte clean. On est tous avec toi bonhomme. Ils risquent de te casser les pieds en haut. Ils vont te briffer. D'un sens tu l'as bien cherché aussi. Tu l'as voulu le job défiscalisé et à haut potentiel. Bah voilà. Personnellement, je vais regarder comment tu t'en sors. Car je ne doute pas une seconde que tout se passe pour le mieux pour la suite. C'est dit sans malice. J'ai constaté que tu passais de temps en temps sur ma fiche Linkedin. Tu devrais pas te connecter quand tu fais çà. Ca se voit. Tout laisse des traces. Bref. Prépare ça bien. Oublie pas ton mouchoir dans la poche et de bien dire bonjour à tout le monde. Entre-nous; (mise sur un sourire de façade. Ca passe bien le sourire de façade. Ca désamorçe.) A moins que tu ne tentes 'l'ignorance des auteurs'... ca aussi, ca marche pas mal le coup de l'ignorance des auteurs. Moi, je propose un 'ils n'ont rien compris au rôle d'une chambre de compensation'. Ca avait eu pas mal de succès à l'époque. Je ne sais pas trop. J'y réfléchi et on en reparle.
Bises.
Yves

Libellés : , , , , , ,

lundi 9 décembre 2013

http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/exclu-inrocks-jerome-kerviel-denis-robert/

mardi 12 novembre 2013

Pour l'exclusion du Luxembourg de l'Union Européenne...

mardi 29 octobre 2013

c'est un peu partisan mais bon...

Vue imprenable sur la folie du monde

Denis Robert


« J’habite un no man’s land, un pays de fer et de charbon. Ici, l’avenir a longtemps reposé sur son sous-sol, ses entrailles, ses galeries. Depuis une vingtaine d’années, les mines, les hauts fourneaux et les laminoirs ferment, rouillent, deviennent des musées ou sont démontés pour être exportés en Chine, en Corée ou au Vietnam. J’aurais pu vivre ailleurs. Une machine à écrire, un téléphone, une gare à proximité : je n’ai besoin de rien d’autre. On m’a proposé des maisons dans le Sud pour pas trop cher, j’ai toujours trouvé des excuses pour rester au bord de la Moselle. Mon entourage fait pression pour qu’on déménage. Je résiste. Je sais que l’horizon est bouché, qu’on s’emmerde dans ce coin, mais on s’emmerde partout quand on n’a plus de rêves. Et de ce bout de terre bordé par trois frontières, la vue est imprenable sur la folie du monde. »

DENIS ROBERT

INFOS LIVRE

Titre : Vue imprenable sur la folie du monde
Auteur : Denis Robert
Date de publication : 10 octobre 2013
284 pages
Prix : 21 euros
Format : 130 x 210 mm
ISBN : 9782352042792
Code diffuseur : 726847
8

























from Reuters (october 24)

FRANKFURT | Thu Oct 24, 2013 4:01am EDT
Oct 24 (Reuters) - Deutsche Boerse on Thursday said it would ask a U.S. court to dismiss claims against its Clearstream unit from relatives of a 1983 bombing of the U.S. Marine Corps barracks in Beirut.
For a settlement to go through, Deutsche Boerse needed the approval of a certain amount of plaintiffs.
"The requisite number of signatures has been obtained," Boerse said in a regulatory statement.
Through its Clearstream unit, Deutsche Boerse has been embroiled in a legal dispute with U.S. plaintiffs seeking damages from Iran for Clearstream's alleged role in helping Hezbollah carry out the barracks attack during the civil war in Lebanon.
As part of this action, U.S. plaintiffs sought in 2008 to freeze Iranian funds held in Luxembourg-based Clearstream's securities account.

The U.S. amended a sanctions bill against Iran in August 2012 which opened the door to further damages claims against foreign lenders including Clearstream. (Reporting by Edward Taylor; Editing by Victoria Bryan)

mercredi 4 avril 2012

From Denis Robert - Version "non corrigée"

Classé X

Nous sommes le dimanche 25 mars, il est 19 h 09. Je me suis donné une heure (pas plus) pour écrire cette chronique à laquelle je pense, par intermittence mais de plus en plus, depuis le rappel de Télérama. C’est une contrainte formelle que je me fixe parce que le sujet est aussi vaste que la ligne de train qui relie Madras à New Delhi que j’ai prise en 1981 sur laquelle j’ai toujours eu envie de revenir pour écrire un livre, sauf que Tabucci l’avait déjà fait et qu’il est mort ce soir. Je tiens sa mort pour l’événement le plus important des actualités du jour, voire de la semaine.

Cette heure consacrée à Télérama n’est pas une posture à la Pérec, ni un embarras. La règle du jeu est de dire à un instant t ce que l’on pense et ressent de la campagne par le texte, le dessin, la photo ou tout autre moyen. Une heure à zéro euro de l’heure. En grattant ce présidentiel billet, je mets ainsi en application le slogan phare de cette demie décennie sarkoziste : Travailler plus sans toucher une thune.

Plus que cinquante-neuf minutes, donc.

Je voudrais commencer par évoquer Javier Cercas. Dans une chronique du Monde du 19 novembre 2011 consacrée à la difficulté d’écrire, il cite une phrase d’Ezra Pound : Je tiendrai des propos que peu de personnes peuvent se permettre de dire car ils mettraient en danger leurs revenus ou leur prestige dans leurs mondes professionnels, et qui sont uniquement à la portée d'un écrivain libre. Etant donné la liberté dont je jouis, je suis peut-être un imbécile d'en faire usage, mais je serais une canaille si je ne le faisais pas.

C’est formidable la liberté. Mais c’est difficile d’écrire, surtout quand on est écrivain. Je veux dire, quand on pense à ça tous les jours, quand c’est cela qui vous fait vire. A me lire, vous avez peut-être le sentiment que j’enquille les signes comme autant de verres un soir d’ivresse. Pas du tout. Cela fait un an que je n’écris plus. J’ai publié environ vingt bouquins en vingt ans, autant d’essais que de romans, mais depuis trois cents jours, que dalle… Je me suis arrêté au beau milieu d’un livre et d’une réflexion sur la fiction. Est –elle le meilleur moyen de dire le réel ? Le nez en l’air. Le blocage parfait. Tous les jours, vous croyez que le cerveau va se reconnecter et puis rien. J’avais entrepris un livre très politique. Au début, c’était facile. Les bons, les méchants, les gris, les journalistes, les sarkozistes, les socialistes, les pauvres, cette façon qu’ils ont de les ignorer… Et puis, rien. La vie m’a rattrapé. La victoire après dix années de guérilla et de confrontation avec Clearstream et une partie de la presse. Cette impression d’avoir tout dit et tout écrit sur les banques, les traders, les paradis fiscaux, les mafias, la finance, l’absence de réaction du politique, la déconnection du judiciaire.

La facilité est le pire ennemi de l’écrivain. C’était le thème de la chronique de Javier Cercas qui m’a tant marqué : L'écriture doit être comme la vitre d'une fenêtre, qui est là sans que l'on s'en rende compte. Il citait un critique littéraire allemand à qui on avait demandé ce qu’était un écrivain : " Quelqu'un pour qui l'écriture est plus difficile que pour les autres. " avait répondu Marcel Reich-Ranicki. Et Javier d’enchaîner : Tout écrivain sérieux fait face à un paradoxe: plus il écrit, plus cela devient facile pour lui ; mais plus il devient facile pour lui d'écrire, plus la facilité devient suspecte, jusqu'à ce qu'il découvre enfin que c'est elle, la facilité, le pire ennemi de son travail.

J’en suis là avec ces élections. Il est 19 h 16. Je pourrais facilement évoquer de ce que je connais bien. J’ai rédigé une note pour François Hollande et une autre pour Jean Luc Mélenchon où j’ai résumé un argumentaire (1) pour effectivement batailler contre les prédateurs financiers. Je connais beaucoup de leurs tours de passe-passe. Je suis fatigué d’entendre les candidats à la présidentielle dire aux foules que leur ennemi c’est la finance, ou que si on vote pour eux ils sauront lutter contre les paradis fiscaux, les exilés fiscaux, les méchants patrons. Promesses de bateleur. L’appel de Genève lancé avec mes amis Garzon, Van Ruymebeke et Bertossa remonte à 1996. Seize ans... La solution au problème de la dilapidation des biens publics était contenue dans ces lignes (2) et depuis, rien ne s’est passé ou presque. Aucun espace judiciaire européen. Aucun moyen donné aux juges engoncés dans leurs frontières pour ralentir la course folle des capitaux (et des capitalistes) apatrides.

Le lobby bancaire est le plus puissant du monde, à Londres comme à Francfrort, Paris ou Bruxelles. Sans faire de parano, force est de reconnaître que Goldman Sachs - pour ne citer qu’elle- a placé en Occident et aux USA une bonne trentaine de ministres ou de conseillers de Président. Cette banque d’affaires américaine a réussi le tour de force de s’enrichir en conseillant la Grèce. Si Goldman Sacxhs avait été un syndic de faillite, il serait déjà en taule depuis longtemps. Passons. Je pourrais encore développer quelques idées faciles à mettre en application pour récupérer des centaines de milliards planqués dans les paradis fiscaux. Il ne faut pas se contenter de haranguer les banquiers, il faut réfléchir aux circuits, cerner la pompe qui alimente Cayma, Jersey ou Luxembourg, la contrôler. Savez-vous que Clearstream a annoncé en janvier 2011 avoir conservé dans ces coffres 11,4 trillions d’euros ? 0nze mille deux cents milliards d’euros (3). C’est la clé. Le talon d’Achille du capitalisme clandestin. Passons

Ces élections m’intéressent, me passionnent parfois. J’ai suivi les débats à la télévision. Je connais plusieurs des candidats. Avec certains j’ai déjeuné. Avec d’autres, j’ai conversé. On m’a proposé de franchir le pas, de me présenter à des élections européennes, législatives... Je suis parfois tenté en particulier quand je mesure la compromission, l’inculture et la bêtise de certains dominants, mâles ou femelles. Je me dis alors, plutôt que râler, vas-y… Je finis toujours par décliner, par penser que ma mission est ailleurs. Dans les livres, les films, les galeries d’art. Peut-être ai-je tort ? Peut-être que si ça va très mal, je me lancerais, j’irais au combat. Ce ne peut être qu’un combat. Je connais le back-ground, l’arrière-cuisine.

Je sais exactement pour qui je vais voter. Au premier tour, comme au second.

La seule question qui vaille aujourd’hui, comme hier (et encore plus aujourd’hui après l’affaire de Toulouse) pourrait se résumer ainsi : Nicolas Sarkozy et sa bande réussiront-ils à nouveau à draguer (et donc à baiser) une majorité de Français ? Car il s’agit de cela. Il me reste trente minutes. Je vais essayer d’affiner ce raisonnement. Je me branche sur un site porno.

Une fille en petite jupe rose grimpe des escaliers. Elle s’appelle Monica, elle a 19 ans. C’est écrit en sous-titre. Elle monte des marches. La caméra la filme de dessous. La musique est vaguement planante. L’endroit est lumineux. Le soleil est très présent à travers les stores. On doit être sur un bateau. La fille se retourne et dit face caméra :

- Hello tu veux voir ma petite chatte ?

Elle s’exprime en anglais. Elle répète :

- Hello tu veux voir ma petite chatte ?

Aussitôt, une voix d’homme lui demande de se présenter. Elle dit son âge et qu’elle aime se faire baiser. Il lui demande si elle peut montrer ses seins. Elle descend une bretelle de sa robe de coton et montre un premier sein assez volumineux en forme de pamplemousse. Puis elle sort l’autre. Elle est blonde, elle sourit.

Il y a quelque chose de parfaitement hypnotique dans la manière de communiquer de Nicolas Sarkozy et ceux qui répètent comme des canards décérébrés ses slogans. Ses aboyeurs, ses aboyeuses. Il y a quelque chose de parfaitement répétitif et de très vulgaire dans ce spectacle politique. Leurs mots, leurs regards, leurs expressions, leurs simulations.

Le type dit : Waouh ! Tu peux les masser ?

- Oui bien sûr, répond Monica.

Elle a un fin tatouage sur l’épaule. Un papillon.

- Tu as envie de te caresser la chatte ? demande le gars

La fille répond :

- Oui un petit peu

Elle se couche, puis se retourne sur un long sofa gris clair et glisse trois doigts sur sa chatte épilée. C’est filmé en gros plan. Ses ongles sont vernis, ses doigts fins et longs. Le cuir du divan marque quelques plis. On entend des frottements.

- Comment aimes-tu être caressée ? demande l’homme qu’on ne voit toujours pas.

- Parfois les doigts dit-elle mais je préfère les bites

- Les bites !, s’étonne l’homme.

Je comprends à cet instant qu’il est le caméraman.

-Oui , dit la fille

- Quand un gars te fait l’amour tu aimes le prendre comment ? questionne le gars sans la laisser respirer.

- Parfois la bouche, parfois la chatte.

Elle hésite et ajoute :

- Parfois l’anus

On entend le gars rire et répéter anus. Elle rit aussi avec toujours ses deux gros seins qui tiennent trop droit pour être honnêtes. De temps en temps, elle se pince les tétons. Elle fait ça l’air de rien.

- C’est magnifique, dit le caméraman. Qu’aimerais-tu faire en premier si tu pouvais choisir maintenant ?

- Sucer une bite, répond Monica en fixant la caméra.

Elle sourit et ouvre légèrement la bouche en faisant glisser sa langue sur ses lèvres.

- Bon ben je vais te présenter quelqu’un, répond le caméraman.

ll y a quelque chose d’obscène dans la manière de mener campagne à l’UMP, de promettre ce qu’ils n’ont jamais tenu, de flatter les instincts les plus bas, de jouer sur l’amnésie des esprits les plus fragiles. Il y a quelque chose de parfaitement pornographique chez Nicolas Sarkozy et ses amis. Enfin, je dis amis. Disons, ses affidés, ses sous fifres, ses serviteurs, ses jeunes pops, ses ministres. Balkany, Morano, Gaudin. Avant-hier, Morin et Boutin. Hier, Borloo.

Un type entre dans le champ, pantalon clair, blazer bleu et polo noir. On ne lui voit pas sa tête, mais il pose une casquette de marin sur le divan. La fille est filmée en gros plan

- Hello, fait-elle

- Hello, dit le gars

Et elle s’enfourne sa grosse bite molle dans la bouche. Elle est filmée de dos. Elle a toujours les seins à l’air, mais elle reste habillée. Il bande très vite.

-Oui , fait le gars… c’est bon … Ahha

- Ohhh, fait la fille

- Enculé, fait le gars.

- Mmmm, fait la fille

C’est plus silencieux. On voit la tête du gars en contre champ. Il a les cheveux gris très bien peignés, la soixantaine. Il est musclé, sans tatouage sur le buste ou les épaules. Le look et l’accent d’un secrétaire de section marseillais. Elle le pompe avec la main. La caméra filme les fesses de la fille pendant qu’elle continue à sucer. Elle porte un string rose sous sa minuscule jupe en coton. Le gars entre directement deux doigts dans son cul en écartant le string. Quand la caméra revient sur lui, il est déjà nu. Il a un tout petit peu de bide. On revient sur la fille :

- Tu aimes ça ? demande-t-elle en le branlant plus vite

- Oh oui , dit le gars

- Oh oui , répond la fille.

Il s’est passé 5 minutes et 44 secondes depuis le début de la vidéo. On est sur rompmovies.com. Le chrono du film indique qu’il va encore durer 20 minutes et 15 secondes.

L’acteur a un petit tatouage en haut d’une fesse, une ancre de marine. Il dit à la fille qu’il va s’occuper maintenant de sa chatte. Et il la retourne sans douceur. Le caméraman élargit son plan. Une plante verte placée derrière le divan, légèrement à gauche entre dans le champ. C’est un yucca, le même que ceux qu’ils avaient à Villepinte à l’entrée du show de Sarkozy. La fille fait Mmmm. Elle se retourne, écarte ses jambes. Le gars y met deux doigts, les enfonce. Il a une boucle d’oreille discrète et une chaîne en or très voyante. La fille redouble de Mmmm et se touche les seins avec application. Elle fixe la caméra sourit. La chaîne frotte bruyamment contre ses fesses. Elle gémit. Le gars souffle. Et il y va. L’index. Puis l’index et l’annuaire.

- Ohhh c’est si bon baise ma chatte, maintenant, dit la fille en jetant sa tête en arrière vers le yucca qui est à deux doigts de tomber. A peine quinze minutes au compteur. Petit panoramique arrière. On découvre un bar et un balcon qui donne sur une mer bleue. Le moment que choisit la fille pour se retourner et se mettre à quatre pattes s’offrant au gars qui crache sur ses fesses.

- Tu veux baiser mon cul maintenant ? demande Monica.

Elle enlève sa petite robe et son string. Le gars est couché sur le divan. Elle s’assoit sur lui. Elle se caresse en même temps qu’elle monte et descend. On voit le yucca en arrière-plan qui monte et descend aussi. Il est 19 h 45. On est dans un yacht qui ressemble à celui de Bolloré. Le rythme s’accélère. Pas de grands cris. Beaucoup d’application de part et d’autre. On revient sur la fille qui esquisse un « Oh ouiiii… ». Le gars gémit. Il enlève ses mains des fesses de Monica, la retourne. Un bahut en bois d’ébène apparaît dans le champ à 19h50. Le yucca est à nouveau présent, avec la mer au loin. Le caméraman zoome sur la plante verte et revient sur les deux partenaires. Il lui malaxe les fesses, la retourne. Elle lèche ses doigts. Elle se branle encore un peu, récupère du sperme sur la paume la lèche, en fixant la caméra et en lançant un cri guttural. Une sorte de « han han » venu du fond de la gorge. Le gars a l’air satisfait. Il a le même sourire faux derche que Jean François Copé (4) quand il dit souhaiter une victoire de Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle.

Il faudrait inventer des appareils capables de mesurer notre degré de solitude après le visionnage d’une film pornographique. On pourrait comparer cette expérience de vide télévisuel avec celle d’un discours politique. Avant d’être une industrie masturbatoire, la pornographie est l’art de montrer ce qui est obscène. Le spectacle de ces hommes et femmes politiques au pouvoir depuis cinq ans qui ont fait renaître dans ce pays les sentiments les plus vils, les comptabilités les plus louches (5) est obscène. On brancherait des électrodes sur notre crâne et sur un écran apparaîtrait un indice mesurant notre perplexité après une pipe de Tiffany Hopkins ou une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy. On mesurerait l’influence de ces séquences sur notre métabolisme, le vide de nos existences, nos renoncements, notre dégoût, nos difficultés à imaginer une suite cohérente à l’histoire de ce pays, cette honte qui nous parcourt parfois quand la fatigue nous gagne.

Quand la politique n’est que de la communication, quand les journalistes rivalisent de faiblesses, elle devient pornographique. Les deux activités sont déceptives et laissent un grand vide quand l’écran s’éteint et qu’on retourne bosser. Dans les deux cas, on se fait baiser. Je sais c’est facile. Mais bon. Il est 20 heures 15. Mon heure est écoulée. Nicolas Sarkozy est un homme politique essentiellement pornographique.

DR

(1) voir note jointe

http://www.telerama.fr/idees/note-pour-francois-hollande-et-jean-luc-melenchon,79345.php

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Appel_de_Genève

(3) http://www.paperjam.lu/communique_de_presse/fr/activité-de-clearstream-pour-le-mois-de-janvier-2011

(4) Jean François Copé concentre ce que je déteste dans le spectacle politique. Le boulot d’avocat d’affaires cumulé à sa fonction de secrétaire général de l’UMP, le mépris du peuple, les vacances avec les vendeurs d’armes et l’arrogance. Il sourit tout le temps surtout chez Laurent Ruquier le samedi soir.

(2) Je pense aux phrases de haine et d’exclusion de Brice Horfeux sur les Roms l’été 2010. Je pense à la Rolex de Ségueila. Je pense à Laurent Wauquiez qui se fait financer en douce par des traders à Londres pour nous vendre ses idées moisies sur l’assistanat. Je pense aux vacances d’Alliot-Marie en Tunisie et aux cadres de la police française proposés pour mater la rébellion. Je pense à Rachida Dati quand elle était Garde des Sceaux en escarpin Dior. Je pense aux promesses de Nicolas Sarkozy au G20 sur la fin des paradis fiscaux et à sa tirade complètement déplacée sur son rôle dans le Karachigate. Je pense aux insupportables minauderies de Carla Bruni. Je pense au sourire et aux joues rouges de Claude Guéant devant les caméras à Toulouse, leurs dernières cartouches…

vendredi 11 mars 2011

Il suffisait de le demander... (from afp)

Les states en ont après Clearstream...qui rigole moins.

USA: Clearstream mise en cause au Congrès pour des affaires liées à l'Iran
La société Clearstream, au coeur d'une retentissante affaire d'Etat en France, a été mise en cause mercredi au Congrès des Etats-Unis dans le cadre du rachat de la Bourse transatlantique NYSE-Euronext, pour ses liens présumés avec l'Iran.
"N'êtes-vous pas inquiets de la perspective que la Bourse de New York soit détenue par une société censée entretenir des relations commerciales avec l'Iran?", a demandé le député républicain Stephen Austria au secrétaire au Trésor Timothy Geithner lors d'une audition au Capitole.
Clearstream est une filiale de l'opérateur de Bourse allemand Deutsche Börse.
Deutsche Börse et NYSE Euronext ont annoncé mi-février leur intension de fusionner pour former le premier groupe boursier de la planète, qui réunirait les places de New York, Francfort, Paris, Lisbonne, Amsterdam et Bruxelles.
La réalisation de cette fusion est encore soumise à l'approbation des autorités de la concurrence américaines et européennes.
"Il y a quelques controverses avec Clearstream quant au fait qu'elle fournirait des services financiers considérables à l'Etat iranien et à des entreprises iraniennes", a dit M. Austria.
"De plus, au moins deux milliards de dollars de fonds iraniens détenus par Clearstream ont été gelés dans le cadre des efforts des familles de nos soldats, les Marines tués ou blessés dans l'attentat terroriste contre leur caserne à Beyrouth en 1983, pour obtenir réparation", a-t-il ajouté.
M. Geithner a répondu à M. Austria qu'il ne pouvait pas faire de commentaire sur cette affaire mais l'a assuré que le gouvernement serait "très vigilant pour protéger les intérêts de la sécurité nationale" américaine dans cette fusion.
Le Wall Street Journal avait rapporté en décembre 2009 qu'un tribunal de New York avait secrètement gelé un an et demi plus tôt plus de 2 milliards de dollars détenus par Clearstream pour le compte de l'Iran sur des comptes de la banque américaine Citigroup.
Le 23 octobre 1983, 241 soldats américains avaient été tués dans un attentat au camion piégé contre leur caserne à Beyrouth.
En 2003, un tribunal américain a reconnu l'Iran coupable d'avoir orchestré cet attentat, ouvrant la voie à des demandes de réparations des victimes et de leurs familles.
En vertu des sanctions américaines contre l'Iran, les sociétés étrangères offrant des services financiers au gouvernement iranien peuvent faire l'objet de poursuites pénales aux Etats-Unis.

(© 2011 AFP Finance)

jeudi 10 février 2011

Rue 89, "Infecté" par des employés de Clearstream



Aujourd'hui, dès la parution de la victoire de Denis Robert contre Clearstream sur le site de Rue89, des commentaires forts peu courtois semblaient s'adresser a notre héros devenu, international.

Résultat sans appel ; Le message posté sur Rue89 provient de la Deutsche Boerse (ceux qui ont racheté Clearstream). A regarder le message de plus près, on se dit que les pauses de midi ont l'air bigrement intéressantes à Clearstream.

lundi 7 février 2011

Veuillez trouver la lettre d'information que Denis Robert nous communique à propos de sa victoire contre Clearstream


Depuis dix années que Révélation$ est sorti (28 février 2001), de nombreuses plaintes ont été déposées contre mon éditeur, les chaînes qui ont diffusé mes films, de nombreux journaux et contre moi. Une soixantaine en tout, dans plusieurs pays, en comptant les procédures pénales et les constitutions de partie civile.

Parmi ces plaintes, une dizaine émanait de la Banque Générale de Luxembourg et une vingtaine a été lancée par la Menatep une banque russe liée à la mafia. Je peux dire que globalement j'ai gagné tous ces procès.

La Chambre de Compensation luxembourgeoise Clearstream a diligenté une grande partie des autres procédures. Leur stratégie a été essentiellement basée sur la calomnie, une extrême mauvaise foi, le harcèlement,l'acharnement et l'intimidation.

Cette stratégie, loin du droit, échoue lamentablement aujourd'hui, pour laisser place à la justice et au journalisme. Une victoire sans tambour, ni trompette. Une victoire gravée dans le marbre. Un souvenir de victoire bientôt. Peu importe. Cette décision ouvre d'intéressantes perspectives. Clearstream ne pourra plus faire comme avant.

Une vingtaine de plaintes ont été déposées par la multinationale en France,en Belgique, au Luxembourg, occasionnant des centaines de visites d'huissiers à mes domiciles. Passé les limites, je ne compte plus.

J'ai perdu quelques procès (en particulier pour des interviews à des journaux, je pense à Sud Ouest ou VSD). J'en ai gagné (Nouvel Obs, le Point,« Tout le monde en parle » sur France 2). J'aurais pu et j'aurais dû, si j'avais eu les moyens financiers, aller systématiquement pour toutes ces procédures jusqu¹à la Cour de Cassation. Je ne l'ai fait que pour trois d'entre elles. Les plus importantes à mes yeux, puisque ces procédures concernaient les deux livres originels « Révélation$ », la « Boîte Noire » et « Les dissimulateurs », mon premier documentaire sur l¹affaire.

Passons sur « Clearstream l'enquête » qui a occasionné une condamnation symbolique (mais onéreuse en frais de procédure) à Luxembourg, pour nous intéresser au reste.

Pour « Révélation$ » et « Les dissimulateurs » (mon premier documentaire diffusé en février 2001), j¹ai été condamné en diffamation à hauteur d'un euro symbolique de dommages et intérêts en mars 2004, puis (en appel) à 1500 euros en octobre 2008, sans compter les frais de procédure.

Pour « La Boîte Noire » (sorti en octobre 2002), Clearstream a été déboutée et condamnée à me verser 3 500 euros de dommages et intérêts en première instance. Devant la Cour d'Appel (Paris, octobre 2008), j¹ai été condamné à 1500 euros, sans compter les frais de procédures et de publication des décisions.

Je me suis pourvu en cassation. J'ai pris cette décision contre l'avis de nombreuses personnes, dont mon éditeur, Les Arènes et la chaîne Canal + qui ont refusé de poursuivre les procédures. Je ne les accable pas. De leur place, il leur était sans doute difficile d¹aller au bout de la bataille à mes côtés. Certains auraient lâché avant.

Dans les jours qui ont suivi les décisions de la Cour d'appel, Clearstream a acheté une page dans le Monde pour proposer une transaction qui consistait à accepter ces condamnations contre la non-exécution des arrêts. En gros, le non paiement des sommes auxquelles j'étais condamné.

Il était impensable d'accepter un tel compromis, de renier mon travail, mon enquête. Il était indispensable sur les principes qui fondent ce que doit être le journalisme, de me battre jusqu¹au bout pour obtenir une décision reconnaissant le droit. J'étais prêt à aller jusqu¹à la Cour Européenne des Droits de L'homme s'il le fallait.

Je savais ce que j'avais vu et fait. J'avais intégré les enjeux de cette bataille. Un système financier sain au départ a été dévoyé, ouvrant d'incroyables possibilités de dissimulation. Mon enquête était, est, restera fondée. Mes écrits reposent sur des documents, des courriers, des listings, des microfiches, des témoignages filmés. Des éléments suffisamment probants qui ont permis de mettre à jour des comptes non publiés produisant de l'opacité, un système d¹effacement de traces de transactions, la probabilité très forte d'une double comptabilité, des liens présumés entre Clearstream et l'Eglise de scientologie, l'hébergement de banques mafieuses, l'utilisation de Clearstream pour la mise en ¦uvre d'opérations occultes, l'absence totale de transparence et de contrôle, la complicité des auditeurs, le licenciement du personnel qui refusait de procéder à des manipulations comptables et de publier des bilans de fait maquillés. Mon enquête et la simple lecture de mes documents montraient, montrent que cette firme abritait plus de 6000 comptes ouverts dans des paradis fiscaux. Parmi ces comptes, des sociétés off shore, mais aussi des filiales de banques respectables. J'ai révélé que des multinationales pétrolières, agroalimentaires ou industrielles avaient également ouvert des comptes discrets à Clearstream. J'en passe et des dizaines.

Au delà du coup de projecteur sur cette firme, l¹ensemble de ce travail explicitait les dérives inquiétantes du système financier international et révélait les contours d¹une finance véritablement parallèle.

J'en savais beaucoup et je ne voulais pas me taire. Je restais persuadé que les juges de la Cour d'Appel ne m'avaient pas jugé comme il le fallait au vu des éléments du dossier.

L'appui de mes amis du comité et des mille huit cent quatre vingt six personnes ayant soutenu ce qui devenait un combat de longue haleine ont été déterminants.

Canal plus et mon éditeur ont été condamnés à mes côtés, mais Clearstream s'est retournée systématiquement vers moi. Le but n'était pas tant l'argent que la volonté de m¹étouffer financièrement, de m¹empêcher de poursuivre mes recherches et de me défendre.

Le moment de bascule a été l'affaire pénale dite « Clearteam 2 ». Celle mettant en cause Dominique de Villepin.

Clearstream s¹est constituée partie civile dans cette procédure concernant les listings truqués. J¹ai été mis en examen pour vol et recel en fin d¹année 2006. Dès lors sans que je m¹en rende compte, la suspicion a changé de camp. Les communicants de la firme et leurs avocats ont habilement utilisé cette seconde procédure pour influencer les juridictions dans les procès qui m¹étaient faits.

Clearstream me présentait comme le pivot de cette nouvelle affaire qui n'avait aucun lien avec les litiges nous concernant. Tenter de ridiculiser mon travail ne duffisait plus, il fallait pratiquer l'amalgame et la confusion.

Combien de fois ai-je entendu les avocats de la firme ou des journalistes malveillants se moquer de « mes erreurs », m'appeler le « falsificateur » ou le « conspirationniste ». Tout cela a joué. Comme ont dû jouer les articles fielleux écrits par des procureurs à moustaches, des éditorialistes à deux balles, des concierges du net. Je sais, je ne devrais pas. Mais bon. Je pense aussi à certains politiques qui m¹avaient épaulé et qui soudainement ont baissé les yeux.

J'ai arrêté mon blog. J'ai arrêté le contact frontal. Je suis resté zen. J'ai attendu que ça passe. J'ai été relaxé en janvier 2010. Cette décision pénale est définitive.

Pour le reste, j'ai attendu que des magistrats jugent, tranquillement. Loin du tumulte. C'est ce qui vient de se passer.

La Cour de cassation est la plus haute instance judiciaire française. Le dernier recours avant la Cour européenne des droits de l'homme. Je l'avais envisagé.

Chacun des trois arrêts qui me libère aujourd'hui et accable Clearstream est rédigé dans des termes clairs, précis et sans ambiguïté. La Cour de Cassation « autorise » les propos et les imputations contenues dans mes deux livres et mon documentaire.

La Première Chambre Civile de la Cour de Cassation, se fondant sur l'article 10 de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, a rendu trois arrêts qui sonnent le glas à mes ennuis et ouvrent des brèches importantes chez ceux qui m¹attaquaient.

C¹est fondamental. Ça fera jurisprudence.

Les arguments retenus par la Cour de Cassation sont intégralement ceux développés par mes défenseurs Michel Zaoui, Bénédicte Litzler au cours des dix années de procédure. Ces arguments ont été plaidés par Denis Carbonnier à la Cour de Cassation. Il s'agit d'une reconnaissance de la qualité de leur travail et du mien.

La Cour de Cassation a annulé mes trois condamnations du 16 octobre 2008 pour diffamation. Elle a explicitement reconnu « l'intérêt général du sujet» et le « sérieux de mon enquête ».

Tout le monde peut maintenant citer partout ce que j'avais écrit.

Dix ans pour mesurer l'aveuglement du dirigeant de Clearstream qui a porté plainte à l¹origine contre moi. Ses successeurs n¹ont pas démontré plus de clairvoyance puisqu'ils ont régulièrement relayé et encouragé ces plaintes.

Je ne sais pas ce que deviendront les informations contenus dans mes livres et mes films. Je ne sais pas ce que les Allemands qui ont racheté Clearstream en 2002 (suite à mon enquête) et qui ont forcément constaté ces dérives ont fait. La justice luxembourgeoise étant peu équipée pour traiter ces sujets et la justice européenne encore défaillante, je crains que le combat pour mettre un peu de rationalité et de contrôle dans cette banque des banques soit encore long. Pourtant ici plus qu'ailleurs, la question de la régulation du capitalisme se pose. Je rappellerai ce chiffre : Clearstream a annoncé en 2010 plus de dix trillions d¹euros de valeurs enregistrées dans ses comptes. Dix mille milliards d'euros.

Pour revenir aux arrêts de la Cour de Cassation, toutes les demandes de Clearstream à mon encontre sont définitivement rejetées. Ils sont condamnés à me verser la somme de 9 000 euros au titre des frais de procédure et à me rembourser le montant de mes précédentes condamnations aujourd'hui annulées.

En ce qui concerne le préjudice financier et moral subi par moi pendant ces années, les trois affaires sont renvoyées devant la Cour d'Appel de Lyon. Je vais demander réparation aux dirigeants de la firme.
Par leur harcèlement, leur entêtement, leurs mensonges, leur acharnement judiciaire, Clearstream et ses communicants sont responsables de dix années à bien des égards perdues.

La crise financière étant passée par là, on voit bien les raisons politiques et financières qui les ont amenés ­par tous les moyens- à me faire taire. Ils n'y sont pas parvenus.

Au final, toute mon enquête est entièrement validée. Les arrêts sont définitifs et sans recours pour Clearstream.

Merci du fond du coeur à tous ceux qui m¹ont soutenu. Et vous êtes nombreux. Je ne me suis jamais senti seul ou angoissé pendant ces années. Et ça je vous le dois.

Pour parfaire le tout, j'ajoute, de ma propre initiative, une petite video glanée sur le web. D'autres perles suivront...

(yves lespagnard)

Untitled from corinne letellier on Vimeo.

vendredi 4 février 2011

On va pouvoir se lacher... en toute légalité.

Grande nouvelle !
En ce 4 février 2011, nous sommes fiers de vous annoncer que Clearstream a définitivement perdu.

AFP :

"La Cour de cassation a annulé une condamnation en appel du journaliste Denis Robert, poursuivi par la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream qu'il accusait d'avoir blanchi de l'argent sale. La cour d'appel de Paris avait condamné Denis Robert pour diffamation le 16 octobre 2008, notamment pour un documentaire diffusé sur Canal+ en mars 2001, intitulé "Les dissimulateurs".

L'ancien journaliste de Libération avait été condamné en appel à payer un total de 4.500 euros de dommages et intérêts ainsi que plusieurs milliers d'euros de frais de justice. Clearstream avait par la suite proposé un arrangement à Denis Robert, que celui-ci avait refusé. Il avait alors formé un pourvoi en cassation. Dans un arrêt rendu jeudi, la 1ère chambre civile de la Cour de cassation a cassé la décision de la cour d'appel de Paris, en relevant "l’intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l’enquête".

Le tribunal correctionnel de Paris avait jugé Denis Robert au procès Clearstream, aux côtés notamment de Dominique de Villepin, et l'avait relaxé en janvier 2010, estimant que les poursuites contre le journaliste étaient incompatibles avec la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH) garantissant la liberté d'expression. "

http://www.ina.fr/ardisson/tout-le-monde-en-parle/video/I08233268/interview-verite-de-denis-robert.fr.html

Libellés :

jeudi 28 janvier 2010

Les States en ont après Clearstream...qui rigole.

Lu dans le Wall street Journal (http://online.wsj.com/article/SB126057864707988237.html)

WASHINGTON -- More than $2 billion allegedly held on behalf of Iran in Citigroup Inc. accounts were secretly ordered frozen last year by a federal court in Manhattan, in what appears to be the biggest seizure of Iranian assets abroad since the 1979 Islamic revolution.

The legal order, executed 18 months ago by the U.S. District Court for the Southern District of New York, is under seal and hasn't been made public. The court acted in part because of information provided by the U.S. Treasury Department.

President Barack Obama has pledged to enact new economic sanctions on Iran at year-end if Tehran doesn't respond to international calls for negotiations over its nuclear-fuel program.

The frozen $2 billion stands at the center of an intensifying legal struggle between Luxembourg's Clearstream Banking S.A., the holder of the Citibank account, and the families of hundreds of U.S. Marines killed or injured in a 1983 terrorist attack on a Marine barracks in Beirut, Lebanon.

Clearstream is primarily a clearing house for financial trades and is a wholly owned subsidiary of Germany's Deutsche Börse AG. Luxembourg's bank secrecy laws have helped it grow into a major European financial center.

There is no indication that Citibank knew the funds may ultimately belong to Iran. U.S. firms that do business with Iran face stiff civil and criminal penalties.

A federal judge in Washington ruled in 2003 that Iran orchestrated the bombing of the Marine barracks and later ordered Tehran to pay the victims' families $2.7 billion in compensation.

Lawyers for the families, backed by information provided by the U.S. Treasury, are arguing that Clearstream is holding Iranian funds at Citibank and are seeking to seize the assets as payment for their clients.

"I was stunned when this money popped up in New York," said Steven Perles, a lawyer representing the victims' families. "I had no idea there was Iranian money of this size flowing through the United States."

Citibank, Clearstream and the Iranian government all declined to comment on the case, and Tehran hasn't made any filings in the matter. The outlines of the dispute, however, appear in judicial filings and in the federal court's docket sheets.

Those documents show that Clearstream has denied it is holding funds for the Iranian government and that the European firm has been fighting to release the $2 billion.

The court initially ordered Citibank in June 2008 to freeze $2.25 billion of Clearstream's accounts, but the company's lawyers were able to get $250 million released the following month, according to court records. Clearstream is represented in the U.S. by White & Case LLP, which declined to comment.

The legal battle over the funds could lead to a trial. A victory for the plaintiffs would mark the largest seizure of Iranian funds since Islamist parties seized power in Tehran from the U.S.-backed Shah in 1979.

That year, the U.S. government froze around $12 billion of Iranian assets in retaliation for the kidnapping of American diplomats and military personnel. While a portion of the funds was returned after the hostages' release, a United Nations body in the Netherlands continues to try and arbitrate the return of the remaining assets, which include bank deposits, gold and real estate.

The legal case concerning Citibank in New York comes as the U.S. government is intensifying efforts to use the global financial system to pressure Iran into giving up its nuclear program and support for international terrorism.

U.S. officials said that the Obama administration has also finished tailoring a new round of economic sanctions on Iran that could be enacted early next year.

The new penalties seek to hobble Tehran's oil and gas industry by blacklisting Iranian energy, insurance and shipping firms.

The U.S. strategy also seeks to target the economic assets of Iran's elite military unit, the Revolutionary Guards Corps, which is believed to oversee the country's nuclear program. U.S. officials said international deliberations over new Iran sanctions could begin at the United Nations Security Council within the next month.

"Inside the U.S. government, the plan is now done," said a senior U.S. official briefed on the sanctions deliberations. "We've put together a plan that's comprehensive and goes after a number of Iran's vulnerabilities."

U.S. Defense Secretary Robert Gates joined with European leaders Friday to warn that Iran risks sanctions soon if it fails to cooperate with the West on its expanding nuclear program.

"I think that you are going to see some significant additional sanctions imposed by the international community," Mr. Gates said. He cautioned that "any military action would only buy some time, maybe two or three years."

Lawyers for the victims of the Beirut bombing said they started looking for Iranian assets to seize after winning the $2.7 billion judgment in 2007. A federal judge in Washington D.C. ruled that Iran's intelligence service, the Ministry of Information and Security, directly oversaw the bombing of the Marine Corps barracks in coordination with the Lebanese militant group, Hezbollah. Before the Sept. 11, 2001, attacks, it was the largest terrorist attack ever inflicted on U.S. citizens; 241 servicemen died.

The lawyers initially looked at targeting assets of global oil companies who did business with Iran, as well as international organizations like the World Bank. But last year, they also subpoenaed the Treasury Department to gain any information that the U.S. government had on Iranian assets inside the U.S.

In June 2008, the Treasury's Office of Foreign Assets Control filed a motion in Washington D.C. federal court, seeking authorization to disclose to the plaintiffs in the terrorism cases information concerning assets being held inside the U.S. in which Iran might have an interest.

Treasury also said in its court filing that its motion needed to be expedited due to "the risk of immediate asset flight."

Two days later, the New York court ordered Citibank to freeze $2.25 billion of Clearstream's accounts in New York.

dimanche 17 janvier 2010

"La plus grosse entreprise dont vous n'avez jamais entendu parler"

lundi 26 octobre 2009

"Delta Merde" écrit a ma fille

Carton épais, couleurs chatoyantes, dessins simplifiés. La phrase chapeau sans équivoques explique : "Préparez-les a un bel avenir". C'est le joli cadeau qu'a fait parvenir Delta Lloyd (les assurances)à une petite fille (4 ans) . Sans commentaires.










vendredi 23 octobre 2009

Clearstream - 16 000 000 d'Euros pour un audit


L'audit interne, commandé par Clearstream en 2001 dans la foulée de la sortie de l'enquête de Denis Robert à coûté 16 000 000 d'euros à la banque et n'a jamais été communiqué à la justice.

Maitre Tamine, l'avocat de Denis Robert, fustige la banque luxembourgeoise : "Comment peut on croire que des pannes informatiques, des fichiers cachés cachent quelque chose ? On est plus blanc que blanc. Et d'ailleurs, d'ailleurs, Clearstream a pris la mesure de l'horrible livre de Robert. Et là il faut réviser nos honoraires face à un audit qui a coûté 16 millions d'euros. Et Clearstream s'est bien évidement précipité à le communiquer, c'est la moindre des choses, et ben non ! L'audit n'est jamais apparu. Le patron de Clearstream est venu montrer son immense souffrance. Question du président : Pouvez vous produire ce rapport d'audit ? Réponse : oui, mais pas aujourd'hui. Le président demande communication du rapport d'audit. J'en ai demandé communication. Voilà ce que m'écrit mon confrère avocat de Clearstream : « la société Clearstream s'étonne que Robert puisse demander la communication de ce document protégé par le secret bancaire luxembourgeois ». Ce n'est pas Robert qui a demandé la communication, c'est le président de ce tribunal ! Pourquoi ne saisissez vous pas ce procès pour fournir le rapport et mettre un terme aux allégations de Robert ? Ce n'est pas digne. C'est injurieux ! Il y a eu 8 procédures contre Robert. Alors c'est vrai Clearstream en a gagné 5. Les tribunaux lui ont accordé 6001 euros au total. La société en réclamait plusieurs centaines de milliers. Et on parle d'un fond de commerce pour Robert ? Assez de démagogie, assez d'amalgame !"

Avant de poursuivre : "J'ai reçu des conclusions remplies de méchanceté de mes confrères défenseurs de Clearstream. Et je m'attendais à l'audience à quelque chose de fort. Et je constate que mes confrères affirment que je suis démagogique, que Clearstream est transparent. Et maitre Malka, qui va être au service du Grand duché, où il n'y a eu, comme chacun le sait, aucune affaire financière, a raison : il faut être sacrément abruti pour voir de l'opacité dans Clearstream !"

(...)

lundi 28 septembre 2009

Paris, 28 septembre 2009, 16h08

Alors que le journaliste Denis Robert comparaît dans le procès Clearstream, la sénatrice écologiste belge Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen, demande, dans la continuité de la commission d'enquête sur les paradis Fiscaux et le dossier "Fortis" la création d'une commission d'enquête sur les activités de la chambre de compensation. Le courage politique n'est pas une chimère.

Septembre 2009 - "L'affaire Clearstrean" ne met pas Clearstream à l'abri d'une commission d'enquête. Doc : Yves Lespagnard from ErwinAct on Vimeo.

Libellés : , , ,

mardi 22 septembre 2009

Clearstream - Le Syndicat National des Journalistes s'inquiète du sort réservé à Denis Robert

"Le procès Clearstream ne doit pas être celui du journalisme.
Denis Robert est un des premiers protagonistes du procès Clearstream à être entendu ce mardi par le tribunal.
Il a été mis en examen pour « recel de vol et abus de confiance ».
Derrière ces incriminations, c’est le vrai travail d’un journaliste opiniâtre et courageux qui est mis en cause et plus particulièrement, pour tout journaliste, le droit d’enquêter et l’obligation de protéger ses sources.
Denis Robert a fait son travail en informant le public sur Clearstream et le blanchiment d’argent à l’échelle mondiale.
Dans ce procès à très grand spectacle, ce n’est pas ce blanchiment qui est traité, mais les complots d’officines peu regardantes sur la vérité et la morale.
Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, aux côtés de Denis Robert depuis plusieurs années, lui renouvelle son soutien et appelle l’ensemble de la profession à être très attentive à cette affaire."

Paris, le 22 septembre 2009

Libellés : ,

vendredi 18 septembre 2009

Nouvelle - Message de Roberto Saviano à l'attention de Denis Robert

Message de Roberto Saviano
(la traduction francaise est disponible ci-dessous)

"Conosco il lavoro e il coraggio di Denis Robert. Si tratta di un lavoro molto utile per la lotta alla criminalità organizzata avendo permesso di conoscere in modo originale e circoscritto i circuiti finanziari del denaro invisibile. Si tratta di un lavoro difficile e coraggioso che merita il sostegno di tutti coloro che provano a stroncare i legami tra criminalità organizzata e finanza. Per questa ragione mi sento di dare tutto il mio appoggio a Denis Roberttanto più che trovo inverosimile il processo che gli è stato intentato. Denis Roberto è una risorsa per la democrazia tentando di fermare la sua libertà di scrittura si tenta di inceppare la democrazia, la comunicazione, la libertà dei lettori di sapere."

"Je connais le travail et le courage de Denis Robert. Il s'agit-là d'un travail très utile pour la lutte contre la criminalité organisée qui a permis de manière originale et circonstanciée de connaître les circuits financiers de l'argent invisible. Il s'agit d'un travail difficile et courageux qui mérite le soutien de tous ceux qui tentent d’étrangler les liens entre criminalité organisée et finances. Pour cette raison, je me sens en devoir de soutenir pleinement Denis Robert et ce d'autant plus que je trouve invraisemblable le procès qui lui est fait. Denis Robert est une ressource pour la démocratie, en tentant de museler sa liberté d'écriture on tente de saper la démocratie, la communication, la liberté de savoir des lecteurs."

Libellés : , , , , , ,

samedi 12 septembre 2009

Un plaignant lessivé soupconne Clearstream de détenir ses fonds

INFO FIGARO 10 septembre 2009

Enrico Macias perd 20 millions d'euros dans la crise financière.

Le chanteur aurait investi 20 millions d'euros à la banque islandaise Landsbanki sous la forme d'une hypothèque sur sa villa de Saint-Tropez.

Une information judiciaire est ouverte à Paris pour retrouver les fonds placés par le chanteur dans une banque islandaise. L'un des vingt autres plaignants français soupçonne Clearstream de détenir les fonds.

L'affaire est suffisamment sensible pour être, depuis cet été, signalée au ministère de la Justice. Selon nos informations, une instruction a été ouverte fin juillet au pôle financier de Paris pour abus de confiance et escroquerie aggravée. Les investigations, confiées à la juge Françoise Dessert, portent sur la disparition de plusieurs millions d'euros que des Français avaient placés dans des banques islandaises qui ont fait faillite depuis.

Le chanteur Enrico Macias est à l'origine de cette première procédure. D'après les premiers éléments de l'enquête, il avait investi 20 millions d'euros à la banque islandaise Landsbanki sous la forme d'une hypothèque sur sa villa de Saint-Tropez. L'opération devait être profitable, mais elle a tourné au cauchemar avec la faillite de la banque en octobre 2008. Le chanteur qui n'a pu être joint jeudi entend aujourd'hui récupérer ses actifs et surtout éviter la menace d'une saisie pure et simple de sa maison de la Côte d'Azur par les liquidateurs des banques défuntes. La justice doit désormais chercher si ses actifs, qui avaient été placés sous forme d'obligations au sein d'une filiale luxembourgeoise de la banque islandaise, ont littéralement fondu ou s'ils ont été placés ailleurs.

Le dossier pourrait réserver de nouveaux rebondissements concernant notamment la banque luxembourgeoise Clearstream, rendue célèbre par l'affaire française des faux listings.

Défendant les intérêts d'un couple de Parisiens, l'avocat Emmanuel Ludot vient en effet de déclencher plusieurs procédures pour retrouver la trace des biens de ses clients. Comme Enrico Macias, ceux-ci avaient accepté en janvier 2007 d'hypothéquer totalement une villa «de grande valeur» sur la Côte d'Azur en échange d'une ouverture de crédit de 5 millions d'euros, cette fois à la banque Kaupthing. Ils n'avaient pu utiliser les fonds promis et avaient appris, à la suite de la crise financière, la disparition de la Kaupthing…

Selon Me Ludot, la banque aurait été démantelée en nouvelles sociétés basées au Luxembourg, titulaires de plusieurs comptes au sein de Clearstream Banking, mais ses clients français n'ont pour l'heure pas été remboursés. «Où sont passés les fonds de mes clients ?», s'interroge l'avocat qui vient d'adresser une mise en demeure à Clearstream pour savoir si elle détient le portefeuille de ses clients. L'avocat, qui s'étonne par ailleurs de prêts préférentiels de plusieurs millions d'euros que la Kaupthing avait accordés à ses actionnaires à la veille de sa faillite, menace d'engager la responsabilité de l'État islandais.

Sur la Côte d'Azur, où les banques islandaises avaient prospecté en 2006, 20 autres Français, fédérés par leur avocat, Me David Dana, ont déjà porté plainte. Un juge d'instruction de Grasse (Alpes-Maritimes) pourrait être nommé dans les jours qui viennent. À moins que tous les dossiers ne soient rassemblés au pôle financier parisien et joints au cas d'Enrico Macias.

vendredi 14 août 2009

"Lettre ouverte aux bandits de la finance" J.Montaldo. 20 Euros. Albin Michel. Bien. Mais approximatif.


Comme dans le titre "Lettre ouverte aux bandits de la finance", Jean Montaldo nous livre un bon aperçu de l'historique de la crise des subprimes du nom de la nébuleuse qui à mis à mal l'économie de la planète.


Le livre, au ton assez vert -trop diront certains-, on apprend beaucoup de choses. C'est le but. Des noms trop méconnus aussi, comme celui du type qui a inventé le concept des subprimes etc.

Bref, un bon bouquin, écrit par un libéral et qui épargne plutôt bien Nicolas Sarkozy. C'est de bonne guerre.

Un point un peu en dessous cependant, et qui concerne Jérome Kierviel. Dans l'ouvrage de Montaldo, l'auteur s'étonne du laissé faire des chambres de compensations et des autorités de contrôle des marchés financier à l'égard de la Société Générale. Selon lui, il est impossible que les contrôleurs des marchés financiers ne soient pas intervenus tardivement volontairement. En somme, la banque de france aurait gardé l'information des pertes occasionnées par la Société Générale afin de ne pas accentuer plus encore ses pertes en bourses à l'annonce de cette information.

Je vous laisse le soin de lire l'explication de Montadlo dans son livre. Les questionnements de Montaldo sont pertinents.

Mais, selon Jean Montaldo, Euroclear et Clearnet sont les deux plus grosses chambres de compensation européennes. Vu par wikipédia (bé oui), c'est assez vrai.
Selon l'auteur, Kierviel aurait utilisé Euroclear et plus vraisemblablement Clearnet.

De mémoire, je me suis souvenu d'un article publié sur ECO89, le 03 avril 2009. Il s'agissait d'un extrait d'audition du Juge Van Ruymbeke face a Kierviel.

L'article apportait la précision suivante :

" Au premier semestre 2007, Jérôme Kerviel multiplie les opérations fictives pour masquer ses positions. Exemple au mois de mai, avec cette question des juges :
« -Vous avez annulé les transactions Clearstream le 10 mai [2007, ndlr], c'est-à-dire 8 jours avant leur date de valeur, afin d'éviter toute procédure de confirmation par le back office. Avez-vous des observations à présenter ?
-Franchement, je ne me souviens plus des deals. »
Quelques jours plus tard, il produit pour le responsable du back office contrôlant ses opérations de faux courriels :
« -Vous avez reconnu avoir fabriqué ces faux e-mails pour justifier de vos fausses explications auprès de M. Cognet. Avez-vous des observations à présenter ?
- Ces mails ne sont pas des confirmations. La confirmation n'est pas un document émis par un trader, mais par le back office. »
Les juges synthétisent leurs découvertes :
« Ainsi :
vous avez saisi des deals fictifs pour masquer vos pertes
vous avez donné de fausses explications au service de contrôle
vous avez fabriqué et transmis de faux e-mails aux services de contrôle pour conforter vos explications
A quelle fin ?
Même réponse que précédemment. »


(http://eco.rue89.com/2009/04/03/kerviel-la-derniere-audition-ou-le-trader-seffondre)



"Lettre ouverte aux bandits de la finance" J.Montaldo. 20 Euros. Albin Michel

Libellés : , , , , ,